«On t’a achetée comme une esclave»: au Liban, la situation des travailleuses domestiques s’aggrave

Ces femmes, qui viennent pour la plupart d’Éthiopie, arrivent via des agences privées, qui font tourner, avec l’aval de l’État libanais, un véritable circuit de trafic d’êtres humains.

Avec la crise économique qui assomme le pays, la situation des travailleuses domestiques, déjà infernale auparavant, s’est encore aggravée. Pour comprendre ce qui est en jeu, il faut revenir sur la kafala, un système de parrainage qui a cours au Liban, et permet d’acheminer une main-d’œuvre étrangère à bas coût, qui résidera et travaillera au pays sous la responsabilité d’un sponsor.

Si plusieurs étrangers sont ainsi employés dans le secteur de la construction, la grande majorité des personnes soumises au régime de la kafala au Liban sont des femmes venues travailler en tant que domestiques, et qui vivent avec les familles qui les emploient. Jusqu’en 2019, on évaluait leur nombre à environ 400.000 –dont 100.000 à 150.000 en situation irrégulière–, pour 4,8 millions de Libanais. Soumises au bon vouloir de leur employeur, corvéables à merci, ces femmes font l’objet de nombreux abus: violences physiques, sexuelles, médicales et financières, elles sont exclues du code du travail, et n’ont souvent aucun recours possible devant la justice.

French | August 31, 2021

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